Conte de noël


 

            Il était une fois, dans une lointaine contrée du nord est, une petite famille vivant dans la montagne. Jean et sa femme Marie habitaient dans un charmant chalet avec leurs deux fils : Thomas et Martin. Cette heureuse famille vivait de chasse, de pêche et de la culture, à la belle saison, d’un potager que la terre fertile rendait très productif. Jean avait appris à ses fils à chasser dès leur plus jeune âge, même en plein hiver dans les conditions les plus extrêmes.

 

            Les années passaient, les enfants grandissaient et la famille de Jean nageait dans le bonheur. Martin était maintenant un jeune homme et avait acquis, durant l’adolescence, la voix la plus grave et la plus forte qu’on ai jamais entendu. En été, il voyageait donc de village en village pour chanter dans les tavernes et sur les places publiques. Cela lui permettait de gagner quelques sous avec lesquels il couvrait de cadeaux sa famille qui restait au chalet.

 

            Un soir, alors qu’il rentrait à l’hôtel où il logeait, Martin surprit trois hommes entrain d’en menacer un autre dans une ruelle sombre.  Martin cria alors aux hommes de s’en aller et ceux-ci, entendant résonner la puissante voix, crurent que cent hommes les assaillaient et prirent la fuite. La victime des brigands, saine et sauve, expliqua à son ange gardien que ces crapules tentaient de le forcer à les prendre comme fonctionnaires, puisqu’il était en fait le gouverneur de la province. Pour remercier son sauveur, qu’il avait par ailleurs reconnu à la voix, il lui offrit de faire des spectacles dans les plus hautes sphères de la région. Ainsi, la notoriété de Martin grandit rapidement et, l’hiver de cette année là, il ne retourna pas seul dans son foyer mais accompagné de sa nouvelle amie : la belle Louise.

 

            Celle-ci fût tout de suite acceptée dans sa belle-famille et on décida que, au printemps prochain, on célébrerait le mariage du jeune couple. Petit à petit l’hiver s’installait, les journées étaient de plus en plus courtes et le froid de plus en plus dur. Dans le chalet, on veillait autour du feu, on racontait des histoires, on chantait, on s’amusait et on mangeait ! Marie, aidée de Louise, préparait tous les jours de véritables festins pour sa famille.

 

            Si bien que le moment arriva où les réserves de nourriture furent si basses qu’il fallut les remplir. Jean, Thomas et Martin préparèrent donc une expédition de chasse en montagne et partirent en début d’après midi, pour ne pas risquer d’être surpris par la nuit. Ils commencèrent par chercher du gibier dans un bois puis, comme ils n’en trouvaient pas, débutèrent une ascension de la montagne. Là, ils parvinrent à attraper quelques lapins   et s’apprêtaient à rentrer quand Thomas trébucha et se mit à dévaler la pente à toute vitesse. Effrayé, Martin s’écria : « Thomas ! Ca va ? » Avant qu’il ai pu se rendre compte de son erreur, un mur de neige, que la puissante voix avait fait se décrocher, l’avait à moitié enseveli et son père avait disparu sous le terrible manteau blanc. Martin parvint à s’extraire de l’emprise de la neige et tenta de retrouver son père, mais en vain. Puis il se rendit compte que son frère ne donnait pas non plus signe de vie et le retrouva au pied de la montagne le coup brisé sur un rocher et déjà partiellement gelé.

 

            Abattu, Martin rentra au chalet où il annonça à sa mère l’horrible nouvelle. La malheureuse s’effondra, tomba malade et mourut le lendemain. Martin se mit alors à haïre cette voix qui avait fait sa renommée mais avait été la cause de tant de morts en si peu de temps. Il continua à vivre avec Louise sur les maigres réserves qu’il leur restait. Tout les jours, le couple priait les dieux pour qu’ils leur viennent en aide. Tous sauf Naar, démon craint de tous. Malgré leurs prières, la vie ne s’améliorait pas et la tristesse les gagnait de plus en plus.

 

            Mais, le matin de noël , alors que Louise regardait par la fenêtre du chalet, elle poussa un petit cri de stupeur et appela Martin pour qu’il la rejoigne rapidement. Devant leur porte se trouvait un énorme cadeau emballé de papier rouge avec un ruban vert, d’au moins deux mètres de haut.


            Persuadés que les dieux les avaient enfin entendu, ils se dépêchèrent d’ôter l’emballage. Quelle ne fut pas leur surprise quand ils y trouvèrent un homme au teint grisâtre sous une cape noire. Cette homme avait une étiquette autour du cou sur laquelle on pouvait lire : « Meilleurs vœux, Naar ».

 

            L’homme se présenta : « Mon maître, Naar, qui voit tout, qui sait tout, a décidé de vous venir en aide, même si vous n’avez pas daigné le solliciter. » Il cracha au sol. «Qu’en dîtes vous ? »

-« Aucun autre Dieu n’a répondu à nos prières donc nous acceptons son aide. »

-« Très bien ! Voilà pour vous. »

 

Il leur offrit de la nourriture sur laquelle les affamés se jetèrent et du bois pour le feu, puis il partit. Il revint le soir même et dit : « Martin, mon maître m’a fait savoir que tu ne veux plus vivre avec ta voix : suis moi ». Ils se rendirent alors dans la pièce et, après quelques instants, Louise entendit un cri déchirant. Elle se précipita alors dans la pièce et y vit son mari couvert de sang, émasculé.

 

Le serviteur de Naar les regarda avec une lueur démoniaque dans les yeux :



« Voilà, maintenant ta voix ne sera plus un problème, mon p’tit castrat ! » *Rire démoniaque* « Vous avez passé toute votre vie à vénérer de faux dieux et à mépriser Naar. Dès que vous avez eu besoin d’aide, vos dieux vous ont abandonné mais Naar vous a sauvé. Maintenant vous lui devez la vie. Préparez-vous, nous partons. Seule une vie d’esclavage vous remettra dans le droit chemin, païens que vous êtes !  »

 

Ils se rendirent tous en empire brun où ils furent esclaves toute leur vie, moururent et, évidemment, n’eurent  jamais d’enfants.

 

MOUAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHA

 

 

 

Fin

 

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